Matthieu 12 - La Bible en ligne
Chapitre : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28
1 En ce temps-là, Jésus passait le long des blés un jour de sabbat, et Ses disciples, ayant faim, se mirent à arracher des épis, et à les manger.
2 Les pharisiens, voyant cela, Lui dirent : Voici que Vos disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire aux jours de sabbat.
3 Mais Il leur dit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, ainsi que ceux qui étaient avec lui ;
4 comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, non plus qu'à ceux qui étaient avec lui, mais aux prêtres seuls ?
5 Ou n'avez-vous pas lu dans la loi que les prêtres, aux jours de sabbat, violent le sabbat dans le temple, et ne sont pas coupables ?
6 Or Je vous le dis, il y a ici Quelqu'un plus grand que le temple.
7 Si vous saviez ce que signifie cette parole : Je veux la miséricorde et non le sacrifice, vous n'auriez jamais condamné des innocents.
8 Car le Fils de l'homme est maître même du sabbat.
9 Etant parti de là, Il vint dans leur synagogue.
10 Et voici qu'il se trouva là un homme qui avait une main desséchée. Et ils L'interrogeaient, en disant : Est-il permis de guérir au jour de sabbat ? afin de pouvoir L'accuser.
11 Mais Il leur dit : Quel est l'homme d'entre vous qui, ayant une brebis, si elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la prendra pas pour l'en retirer ?
12 Combien un homme ne vaut-il pas plus qu'une brebis ! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat.
13 Alors Il dit à l'homme : Etends ta main. Il l'étendit, et elle devint saine comme l'autre.
14 Les pharisiens, étant sortis, tinrent conseil contre Lui, sur les moyens de Le perdre.
15 Mais Jésus, le sachant, S'éloigna de là ; et beaucoup Le suivirent, et Il les guérit tous.
16 Et Il leur ordonna de ne pas le faire connaître,
17 afin que s'accomplît ce qui avait été dit par le prophète Isaïe :
18 Voici Mon Serviteur, que J'ai choisi ; Mon Bien-aimé, en qui Mon âme a mis toutes ses complaisances. Je ferai reposer sur Lui Mon Esprit, et Il annoncera la justice aux nations.
19 Il ne disputera point, Il ne criera point, et personne n'entendra Sa voix dans les places publiques.
20 Il ne brisera pas le roseau cassé, et Il n'éteindra pas la mèche qui fume encore, jusqu'à ce qu'Il ait amené le triomphe de la justice.
21 Et les nations espéreront en Son nom.
22 Alors on Lui présenta un possédé aveugle et muet, et Il le guérit, de sorte qu'il parlait et voyait.
23 Et toutes les foules étaient dans l'admiration, et disaient : N'est-ce point là le Fils de David ?
24 Mais les pharisiens, entendant cela, dirent : Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébub, prince des démons.
25 Or Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : Tout royaume divisé contre lui-même sera dévasté, et toute ville ou maison qui est divisée contre elle-même ne pourra subsister.
26 Si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même ; comment donc son royaume subsistera-t-il ?
27 Et si c'est par Béelzébub que Je chasse les démons, par qui vos fils les chassent-ils ? C'est pourquoi ils seront vos juges.
28 Mais si Je chasse les démons par l'Esprit de Dieu, le royaume de Dieu est donc venu au milieu de vous.
29 Ou, comment quelqu'un peut-il entrer dans la maison de l'homme fort, et piller ses meubles, si auparavant il n'a lié cet homme fort ? Et ensuite il pillera sa maison.
30 Celui qui n'est point avec Moi est contre Moi, et celui qui n'amasse point avec Moi disperse.
31 C'est pourquoi Je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera remis aux hommes ; mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis.
32 Et quiconque aura parlé contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné ; mais si quelqu'un aura parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir.
33 Ou bien, dites que l'arbre est bon, et que son fruit est bon ; ou dites que l'arbre est mauvais, et que son fruit est mauvais : car c'est par le fruit qu'on connaît l'arbre.
34 Race de vipères, comment pouvez-vous dire de bonnes choses, vous qui êtes méchants ? Car c'est de l'abondance du cour que la bouche parle.
35 L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor, et l'homme méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor.
36 Or Je vous dis que les hommes rendront compte, au jour du jugement, de toute parole inutile qu'ils auront dite.
37 Car tu seras justifié par tes paroles, et tu seras condamné par tes paroles.
38 Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens prirent la parole et Lui dirent : Maître, nous voulons voir un signe de Vous.
39 Il leur répondit : Cette génération méchante et adultère demande un signe, et il ne lui sera donné d'autre signe que le signe du prophète Jonas.
40 Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le cour de la terre.
41 Les hommes de Ninive se lèveront au jour du jugement contre cette génération, et la condamneront, parce qu'ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas ; et voici qu'il y a ici plus que Jonas.
42 La reine du Midi se lèvera au jour du jugement contre cette génération, et la condamnera ; car elle est venue des extrémités de la terre pour entendre la sagesse de Salomon ; et voici qu'il y a ici plus que Salomon.
43 Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il erre dans des lieux arides, cherchant du repos, et il n'en trouve point.
44 Alors il dit : Je retournerai dans ma maison, d'où je suis sorti. Et, y revenant, il la trouve vide, balayée et ornée.
45 Alors il va, et prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui, et entrant dans la maison, ils y habitent, et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. C'est ce qui arrivera à cette génération très mauvaise.
46 Comme Il parlait encore aux foules, voici que Sa Mère et Ses frères, se tenant dehors, cherchaient à Lui parler.
47 Quelqu'un Lui dit : Voici que Votre Mère et Vos frères sont dehors, et Vous cherchent.
48 Mais Il répondit à celui qui Lui avait dit cela : Qui est Ma Mère, et qui sont Mes frères ?
49 Et étendant Sa main sur Ses disciples, Il dit : Voici Ma mère et Mes frères.
50 Car quiconque fait la volonté de Mon Père qui est dans les cieux, celui-là est Mon frère, et Ma soeur, et Ma mère.
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Notes et Commentaires
Verset 12.1 Voir Marc, 2, 23 ; Luc, 6, 1. ― La loi mosaïque permettait à ceux qui avaient faim de cueillir quelques épis dans un champ (voir Deutéronome, 23, 25).
Verset 12.3 Voir 1 Rois, 21, 6.
Verset 12.4 Voir Lévitique, 24, 9. ― Les pains de proposition sont ceux qu'on exposait tous les samedis sur la table d'or devant le Seigneur.
Verset 12.5 Voir Nombres, 28, 9.
Verset 12.6 Que le temple, en grec, hiéron. Voir Matthieu, note 21.12.
Verset 12.7 Voir 1 Rois, 15, 22, Ecclésiaste, 4, 17 ; Osée, 6, 6 ; Matthieu, 9, 13.
Verset 12.9 Dans leur synagogue. Voir Matthieu, 4, 23.
Verset 12.10 Voir Marc, 3, 1 ; Luc, 6, 6.
Verset 12.11 Voir Deutéronome, 22, 4. ― On a prétendu qu'il n'est pas permis aux Juifs, de retirer, le jour du sabbat, une bête d'un puits ou d'une fosse où elle serait tombée, et que, par conséquent, le discours de Jésus-Christ n'est pas conforme à la vérité. Nous convenons que cette défense existe, mais elle est bien postérieure au temps de Jésus-Christ.
Versets 12.18-21 Ce texte d'Isaïe (voir Isaïe, 42, 1-4) s'applique à Jésus-Christ même dans le sens littéral. En effet, Jésus-Christ était Fils coéternel et consubstantiel au Père par sa nature divine, mais il s'est rendu son serviteur, comme le dit saint Paul, (voir Philippiens, 2, 2 (?)), en se revêtant de la chair et des infirmités humaines.
Verset 12.18 Voir Isaïe, 42, 1.
Verset 12.24 Voir Matthieu, 9, 34 ; Marc, 3, 22 ; Luc, 11, 15. ― Béelzébub. Voir Matthieu, 10, 25.
Verset 12.25 Voir Luc, 11, 17.
Verset 12.29 Le fort, ou le fort armé, comme l'appelle saint Luc (voir Luc, 11, 21), était le latriensis des anciens, c'est-à-dire un officier fidèle et vaillant à qui l'on confiait la garde d'une maison.
Verset 12.30 Jésus-Christ parle ici à des pharisiens, qui, par le seul refus qu'ils faisaient de croire en lui, formaient une opposition des plus fortes à la prédication de l'Evangile. Car, comme ils étaient les plus accrédités des Juifs, leur exemple empêchait un grand nombre de conversions.
Verset 12.31 Voir Marc, 3, 28-29 ; Luc, 12, 10.
Verset 12.32 Il résulte du contexte même que le péché contre le Saint-Esprit, dont il est ici parlé, consiste à attribuer au démon les miracles du Sauveur. Or ce péché est dit irrémissible, parce qu'il est moralement impossible d'en obtenir la rémission, attendu qu'il y a une malice intrinsèque naturellement opposée au pardon. Il faudrait pour cela un miracle de la grâce que Dieu n'accorde pas selon le cours ordinaire de sa providence. D'un autre côté, c'est un dogme de la foi catholique qu'il n'y a aucun péché absolument irrémissible, l'Eglise ayant reçu le pouvoir de remettre tous les péchés sans exception, et Dieu, dans sa miséricorde, pouvant toucher le cœur du pécheur le plus endurci.
Verset 12.34 Voir Luc, 6, 45.
Verset 12.37 Car c'est par tes paroles, etc. Il paraît que c'est un proverbe que l'évangéliste rapporte textuellement, puisque les verbes sont au singulier.
Verset 12.39 Voir Matthieu, 16, 4 ; Luc, 11, 29 ; 1 Corinthiens, 1, 22 ; Jonas, 2, 1.
Verset 12.40 Si l'on a égard à la manière dont les Juifs divisaient le temps, on reconnaîtra sans peine que le corps de Jésus-Christ est resté trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.
Verset 12.41 Voir Jonas, 3, 5.
Verset 12.42 Voir 3 Rois, 10, 1 ; 2 Paralipomènes, 9, 1. ― La reine du midi ; c'est-à-dire la reine de Saba, province d'Arabie située au sud de la Judée.
Verset 12.43 Voir Luc, 11, 24.
Verset 12.45 Voir 2 Pierre, 2, 20.
Verset 12.46 Voir Marc, 3, 31 ; Luc, 8, 19. ― On sait que chez les anciens et surtout chez les Hébreux le mot frère se prenait dans le sens de cousin et de proche en général. ― Sur les frères du Sauveur, voir la note 34 de M. Glaire à la fin du volume.
Versets 12.48-50 La réponse du Sauveur signifie, selon l'explication des Pères, que quand il s'agit de la gloire et des intérêts de Dieu, on ne doit considérer ni parents ni amis ; pas plus qu'on ne doit considérer la chair et le sang, dès qu'ils s'opposent à ce que Dieu demande de nous. Enfin Jésus-Christ nous apprend par là qu'il préfère aux parents et aux amis selon la chair, ceux qui lui sont attachés selon l'esprit, ceux qui l'écoutent, qui l'aiment et qui le suivent. Ainsi sa réponse n'avait nullement pour but de montrer du mépris pour sa mère et ses parents.
